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Billet – Pourquoi le débat actuel sur l’avenir de notre industrie automobile manque-t-il profondément de hauteur ?

Depuis plusieurs mois, les oiseaux de mauvaise augure sont de sortie, arguant que l’on est en train de tuer le secteur en France, avec la fin du véhicule a énergie fossile notamment. On ? Principalement les politiques, évidemment ! C’est, selon moi, clairement faire une erreur, plusieurs même. J’aime moi même le passe, et l’histoire de l’automobile, preuve en est avec cette photo (prise par mes soins à Le Mans Classic 2016), mais il est temps que notre industrie automobile mette les deux pieds dans le futur !

Tout d’abord, si les politiques fixent des règles, un cap, le décideur est toujours le consommateur. Très clairement, tous les pays développés, où sont les marchés de nos constructeurs suivent la voie de la sortie de l’essence et du diesel, reste maintenant à réfléchir à l’énergie proposée : hybride, biocarburants, électrique, hydrogène, gnv… Depuis des mois, tous les energeticiens se bousculent pour expliquer en quoi leur système est le meilleur, débat dans lequel je ne souhaite pas m’immiscer, étant convaincu que l’avenir est au mix énergétique et que l’Etat doit respecter la neutralité technologique, que nous devons ériger en valeur absolue !

L’automobile est en proie à des bouleversements profonds, et s’attarder sur le réglementaire est une perte de temps selon moi, considérant que ces règles sont amenées à devenir universelles ou presque. L’environnement du secteur automobile est en fait confronté à deux facteurs marquants : l’arrivée de nouveaux entrants et l’évolution des besoins du consommateur.

L’automobile plaisir n’est plus. Et c’est avec tristesse que je l’affirme. La voiture est toujours un marqueur social, certes, mais elle n’est plus un objet de désir et de plaisir comme elle l’était il y a quelques années. La fréquentation des salons internationaux en est la preuve formelle. Il y a maintenant deux type d’usage de la voiture, l’usage utilitaire, le plus répandu, qui utilise la voiture comme outil de déplacement d’un point A à un point B, et l’usage plaisir, que j’ai décrit précédemment. Passons rapidement sur le deuxième usage qui ne regroupe plus que quelques ayatollahs, dont je fais partie, et dont le marché est saturé entre automobiles anciennes et marches de niches ultra concurrentiels, où notre industrie n’est pas, ou plus, compétitive. Notre industrie fonctionne par la masse avant tout, et donc l’usage utilitaire. Et alors que les concurrents de l’industrie de l’automobile d’exception se nomment Ferrari, Bugatti ou encore Rolls-Royce, les concurrent du marché classique, au-delà des constructeurs généralistes, sont maintenant les alternatives à la voiture, que ce soit par la complémentarité (avec l’auto partage et le covoiturage, qui visent à réduire la taille du marché) ou bien la substitution, avec le développement du Maas, des transports actifs et des transports en commun. J’entends déjà la sempiternelle « je vais avoir du mal à aller en vacances en vélo ! », certes, mais quand on économise toute l’année sur l’achat et l’entretien de sa voiture possédée, il devient très facile d’en louer une pour partir en vacances ou en week-end. Notre industrie doit composer avec cette évolution, finalement bien plus risquée économiquement que le passage du diesel à l’essence ou à quelque autre énergie que ce soit.

L’énergie est malgré tout le deuxième facteurs manquant et bouleversant l’environnement de l’industrie automobile. Je parle ici de l’arrivée, ou plutôt du retour, du véhicule électrique. La chaîne de valeur de la voiture est considérablement modifiée, la valeur autrefois caractérisée par le moteur l’est maintenant par la batterie, sur laquelle nous n’avons, pas encore du moins, la main. Cela nécessite des bouleversements en terme non seulement de fabrication mais aussi de SAV des vehicules, avec des défis en terme de formation notamment, parfaitement intégrés par la filière néanmoins. Ce développement ouvre la porte à de multiples entrants potentiels. Même un fabriquant d’aspirateurs peut maintenant concevoir une voiture ! La Chine se développe très vite sur ce point, et nous ne serons pas compétitifs en matière de prix, c’est indéniable. Cela fait 10 ans que l’on parle d’eux, mais le consommateur a évolué, et surtout le réseau nécessaire aujourd’hui pour distribuer et entretenir un véhicule électrique est totalement différent, leur permettant d’arriver facilement sur nos marchés occidentaux. D’ici 2-3 ans, les constructeurs chinois seront sur le marché français avec des véhicules peu chers et suffisants.

Alors que faire ? Changer les règles ? Non, car c’est le consommateur qui les fixe. Attendre ? Certains ont essayé … Selon moi, nos constructeurs ont tout intérêt à chercher à se diversifier, à proposer de nouveaux modèles d’usage, d’exploitation de leurs voitures, à intégrer l’innovation… bref, notre industrie doit se réinventer, être dans la disruption permanente et l’heure est venu de sortir du modèle d’Henry Ford, les constructeurs, s’ils veulent survivre, doivent devenir fournisseurs de solutions de mobilité intégrées avant de vouloir construire des voitures.

J’ai une confiance absolue en notre filière, en notre industrie, et suis prêt à l’accompagner dans ce bouleversement formidable.