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Tribune : Immigration : Être humains, ne pas être naïfs

Immigration : être humains, ne pas être naïfs

D’ici quelques jours, l’Assemblée Nationale aura à se saisir d’un débat, ô combien attendu, sur la politique migratoire. Même si je suis conscient que ce sujet divise les français, je suis heureux d’appartenir à une majorité et de soutenir un Président qui ose imposer ce débat dans l’agenda politique. Soyons réalistes, quand on ne se confronte pas à ce sujet, on finit soit avec le populisme comme en Italie, soit avec l’extrême-droite comme en Allemagne.  Se confronter à ce débat sur l’immigration s’est se donner le choix de réaffirmer nos valeurs républicaines et de rejeter celles du chaos.

La France a toujours été un pays d’accueil. C’est la France des Lumières, cette France qui rayonne sur le Monde, qui attire et dont on peut être fiers. Notre peuple a toujours, depuis la fin du XIXème siècle, compté dans ses rangs près de 10% d’immigrés. Les italiens, les espagnols, les portugais, les algériens… Tous ont un jour fait la une des quotidiens nationaux, instrumentalisés par les nationalistes, attisant déjà la crainte du grand remplacement, que ne n’avons jamais vu et que nous ne verrons jamais.

Mais il est un fait. Si l’immigration a baissé de près de 50% en Europe par rapport à 2015, les demandes d’asile dans notre pays ont, elles, doublées depuis 2015. Et ces demandeurs d’asile ne viennent pas de pays en conflit, mais de pays pauvres, emportant avec eux leurs compétences et leurs savoir-faire. Ces données sont la preuve que de véritables filières sont à l’œuvre, faisant par la même traverser la Méditerranée à des femmes, à des enfants, dans des embarcations de fortune et souvent surchargées, mettant ainsi leur vie en péril. Nous ne devons pas fermer les yeux, et devons agir.

Agir en France d’abord. Il y a un peu plus d’un an, je votais la loi Asile et Immigration. Une loi qui vise à réduire le délai d’instruction des demandes d’asiles, à renforcer la lutte contre l’immigration irrégulière et à accueillir plus dignement les étrangers admis à entrer dans notre pays. Être « en même temps » ferme et humanistes, tel est notre vision sur cette politique. A travers ce débat sera l’occasion de faire le bilan de cette loi, et la majorité doit être capable, dès maintenant, de la retravailler si les résultats ne sont pas attendus.

Agir avec l’Europe surtout. L’immigration n’est pas qu’un sujet uniquement français, elle est aussi et surtout un enjeu européen. Profitons de ce débat pour regarder en face les avancées du règlement de Dublin et l’ajuster si nécessaire. Car il est aussi de notre responsabilité d’affirmer notre ambition européenne sur le sujet de l’immigration. Les dernières élections européennes le prouvent, l’Europe que nous voulons n’est pas acquise, elle est sans arrêt à reconquérir.

Enfin, ce débat sera l’occasion d’entendre les extrêmes se lancer dans un concours de la mauvaise foi et de la fausse information. Les sans-papiers délogeraient les SDF, prendraient le travail des Français, creuseraient le trou de la Sécurité Sociale. Ce sont ces peurs infondées qui font le lit des extrêmes, séparant toujours les individus les plus démunis de la société pour les ériger en menace mythifiée. Ne soyons pas dupes, c’est la misère que nous devons combattre, pas les individus. Maladie du corps social selon Victor Hugo, elle n’a ni frontière, ni nationalité, ni visage. Cette misère reçue en héritage nous oblige. Et jamais un gouvernement n’avait fait autant que le nôtre pour lutter contre elle.